
06 Juil O. Rochat Architectes
Une architecture toute en sensibilité et poésie
O. Rochat Architectes incarne une vision architecturale unique, mêlant sensibilité artistique et audace. Le cabinet se distingue par sa réflexion approfondie et son engagement envers des projets favorisant l’harmonie et respectant les qualités intrinsèques des lieux, dans le neuf comme dans la rénovation.
Réflexion et harmonie comme ligne directrice
Fondé en 2013, le cabinet O. Rochat Architectes, se compose de 13 collaborateurs. Il incarne une approche collective et évolutive de l’architecture. Le fondateur aspire à une collaboration étroite avec des pairs actifs et encouragés à exprimer leurs idées. Chacun assume la responsabilité de ses projets, nécessitant un apprentissage pour laisser évoluer les idées dans un cadre bienveillant et constructif. Cette approche quasi-initiatique rassemble une équipe de différentes générations vers un objectif commun, favorisant le dialogue entre les éléments sans altérer l’essence du projet, que ce soit dans les nouvelles créations ou les rénovations. Le cabinet aborde ainsi une diversité de projets et relève avec enthousiasme et réflexion les défis techniques et esthétiques qui se présentent à lui.
Valoriser la friche industrielle
Résidence Couchirard
Réinventant l’essence du lieu, l’atelier O. Rochat Architectes tisse une magie là où d’autres ont rencontré des obstacles par le passé. Cet ancien garage, édifié en 1913, a traversé les époques et subi moult métamorphoses, dont la dernière l’a transmuté en 28 logements, un défi colossal avec ses 17 mètres de profondeur et ses fenêtres unilatérales. Erigés au seuil du siècle dernier, tels des totems de modernité dans le quartier de Prélaz à Lausanne, les édifices au 143 et 145 de l’avenue de Morges, expriment alors une urbanité audacieuse. Signés des mains habiles des architectes Baud et Hoguer, ils entrelacent logis et atelier mécanique, et sont agrémentés d’une façade néo-classique à l’élégance bourgeoise. Véritables œuvres de modernité, ils dévoilent une ossature en béton armé, créant un espace généreux et baigné de lumière à travers d’amples verrières en toiture. Nichés à l’angle nord-ouest du square Couchirard, ces édifices ont inscrit l’essence d’une urbanité dense à l’ouest de la ville. Puis, l’essor démocratique de l’automobile a rendu le garage obsolète et laissé à l’abandon pendant des années. En un ultime souffle, sa métamorphose en demeures exploite avec ingéniosité son incroyable spatialité. Les nouveaux logements s’intègrent harmonieusement dans la structure existante, tout en conservant la grandeur d’origine de la grande halle.
Une géométrie complexe à la beauté singulière
La métamorphose en 28 nouveaux appartements, relève d’un défi géométrique complexe. L’implantation dans cette structure longue et étroite impose des contraintes spatiales considérables. Les architectes, tels des artistes de l’espace, optent pour une approche particulière, découpant la bande de l’atelier en tranches, pour que les logements s’étirent et s’enroulent autour des espaces communs, ornés de courettes intérieures. Cette ingénieuse découpe, tel un ballet de lumière, inonde le bâtiment de clarté et façonne des havres de qualité pour ses résidents. Les chemins entre les logements tissent des liens suspendus tels des fils d’argent, dans cet espace généreux. Les proportions contraignantes des baies en façade offrent une dimension supplémentaire à cette transformation, ajoutant un éclat particulier à ces appartements nés de contraintes et devenus de véritables joyaux contemporains.
La stratégie du Bernard l’ermite
Grâce aux valeurs cibles de leurs matériaux, les logements dépassent les exigences énergétiques actuelles. Ils affichent également de nombreux et subtils détails rappelant le passé. Par exemple, les logements sous le toit du garage présentent une structure métallique et des briques de ciment, formant une séparation visuelle entre le passé et le présent. Les briques, aux tons clairs et joints ouverts, ajoutent une touche chaleureuse à l’espace. La résidence Couchirard, au-delà de son esthétique, incarne une initiative urbanistique vertueuse contribuant à densifier le centre-ville et symbolisant un choix de vie ancré dans le lieu, plutôt que dans la mobilité. Le cabinet O. Rochat Architectes a ainsi pleinement réussi son pari en préservant l’essence de ce bâtiment, noté 3 au recensement architectural du canton de Vaud.
Coopérative d’habitants
Issu de l’aspiration à façonner sa propre existence indépendamment des autres, ce projet coopératif sis à la Plaine du Loup, abrite 35 appartements, l’école spécialisée des Jordils et une salle polyvalente. Dès ses débuts, il s’est voulu respectueux de l’environnement, ouvert et généreux, avec cour, jardin suspendu et une variété d’espaces de rencontre. Il a su apprivoiser une forme urbaine complexe, composée de deux corps de bâtiments de grande profondeur disposés en angle. Cet immeuble de huit étages, labellisé Minergie-P et Minergie-ECO, est un pionnier sur Lausanne de par le volume de bois nécessaire à sa construction. Toutes ces contraintes ont transformé le chantier en une belle aventure humaine, et Olivier Rochat exprime son admiration pour le courage et l’engagement des habitants nécessaires aux coopérateurs pour mener à bien ce projet ambitieux.
Rénovation et problématiques d’assainissement énergétiques
A l’heure de la densification urbaine, la rénovation des bâtiments existants s’avère une gageure souvent complexe pour les architectes. Il faut alors inventorier les qualités du bâtiment, et intervenir différemment selon son époque de construction. Début du XXe siècle, années 1950 ou années 1970… impliquent la prise en compte de matériaux et risques différents. Assainir sans perdre l’âme et l’équilibre de l’immeuble comporte un travail de réflexion intense. A Cour 135, bâtiment des années 1970, l’isolation intérieure (dans les murs) a, par exemple, permis d’isoler le bâtiment tout en conservant les façades principales (nord et sud) avec leurs qualités architecturales remarquables d’origines. Sur les façades est/ouest, ce sont des crépis extérieurs à l’aspect béton qui reprennent la livrée originale. Au Levant, bâtiment des années 1950, c’est l’isolation périphérique qui est privilégiée en conservant les éléments de pierre qui définissent les entrées des immeubles, assortis d’une serrurerie éloxée teinte champagne présente sur les portes historiques. Des éléments en simili pierre sont rapportés pour conserver là encore tous les détails qui font le charme de l’édifice. Sur un bâtiment du centre historique de Lausanne, érigé dans les années 1880 et noté 3 au recensement architectural du canton de Vaud, ce sont diverses interventions en toiture et en façade notamment, qui permettent d’assainir le bâtiment sans porter préjudice à son équilibre et de magnifier son expression architecturale d’antan, un exercice dans lequel le bureau O. Rochat Architectes excelle.
O. Rochat Architectes
Chemin des Mouettes 4 – CH-1007 Lausanne
Tél. +41 21 601 28 04
info@orochat.ch – www.orochat.ch
Photo principale: © Leo Fabrizio